Mar à bout N°7

Petit essai anti-body-positivisme.

Le (body)-positivisme ;

Je ne savais comment commencer ce petit article.
Comment expliciter au mieux ma pensée. Vous partager ma réflexion, mes questionnements, sans que vous vous imaginiez que je puisse faire partie, du très select club, de son antonyme.
Je suis « contre » le positivisme mais pas « pour » le négativisme.

En bref, j’ai le cul entre deux chaises.

Le positivisme est un courant philosophique fondé par Auguste Comte au XIXe siècle, repris et critiqué par nombre de scientifiques, philosophes ou humains tout à fait random comme vous et moi.

Je tenterai ici, de me dégager de sa première définition, pour essayer de vous faire part de ce que j’entends personnellement par (body)positivisme et de ce que cette locution regroupe.

C’est en surfant sur Instagram, (activité majeure de ma vie actuelle soyons honnêtes), que cette réflexion a pris racine.

A l’air de ce que certain.e.s appellent les « influenceu.r.euse.s », (terme que nous pourrions facilement remettre en question), les « instagrameu.r.euse.s », ou les « blogueu.r.euse.s », difficile pour nous citoyen.e.s du monde d’en bas, de tenter d’acquérir notre opinion propre.

Alors sans doute pourrions-nous critiquer l’engouement dont certain.e.s de ces
« personnalités » font l’objet, mais là n’est pas la question et les millions d’abonné.e.s qu’iels réunissent leur donnent sans doute crédit ou crédibilité – au choix du lecteur.trice.

Je considère Instagram ou tout autre réseau social, comme une source incroyable de
possibilités.
Un lieu fictif, récréatif, inventif, créatif.

La parole est donnée et prise.

Les comptes engagés sont nombreux.
Chacun.e.s défend sa cause, ce qui lui est cher, expose son point de vue, fait part de ce qui fait pour lui/elle, écho.
L’innovation se situe dans notre possibilité d’en faire ce que nous voulons.
Il nous appartient de les suivre, d’acquiescer, ou d’adhérer.

C’est en tombant sur les comptes féministes – que je vous invite, pour certains, à suivre – que mon amour pour Instagram a grandit et au demeurant, changé.

J’étais dans une période de ma vie, où je prenais conscience de mes envies et de la femme que je devenais.
Mon corps semblait tout à fait « m’appartenir », j’apprenais à le considérer, à l’aimer peut être.
L’exposer, (en outre il s’agit là de quelque chose pour laquelle encore aujourd’hui, je n’ai pas de réponse), m’aide à faire avec, à m’en dégager – si possibilité il y a.

Ces comptes sans « filtres » m’ont permis de me poser des questions, de faire germer une réflexion.
Bien sûr, ils m’ont « aidée ».
A une période peut-être, où j’avais (ou nous avions) besoin de cela, d’un petit coup de pouce.

Mais je crois qu’au fil du temps, de mon parcours universitaire, et de
mes réflexions personnelles, leurs mots ne résonnaient plus de la même façon.
Virage à 180°, c’est maintenant l’opposé.

Pardonnez ce revirement de situation, qui peut sembler quelque peu paradoxal.
Mais je ne puis faire autrement, si vous me permettez ce ton théâtral.
(Deux alexandrins de 19 syllabes, vous apprécierez la tournure syntaxique, merci)

Alors non, le body-positivisme – comme aiment à l’appeler les gens qui ont besoin de
dénommer les choses à la franglaise – n’est pas si positif qu’il le laisse entendre.

Let me explain myself.

Les questions liées au corps sont nombreuses (et ce n’est pas Descartes qui dira le contraire si vous lui demandez), complexes, et les réponses sont sommes toutes, inexistantes – déso.

Si c’était si facile d’« aimer » son corps ou d’apprendre à le faire, ça se saurait !
Adieux la propagande régime et/ou anti-régime, les salles de sports, les coachs et j’en passe.
Nous nous satisferions tous et toutes de ce que la nature nous a offert en la remerciant
gentiment et gratifiant son cadeau en l’exposant sans gêne et retenue.

Mais il n’en est pas ainsi.
Alors oui, le sport au-delà d’une recherche esthétique, nous permet d’être en « bonne santé » – même si certain.e.s et je pense en faire partie, prendront le risque de critiquer ce syntagme.

Décalons-nous une seconde.
Prenons le temps.

Ces comptes, si bienveillants soient-ils et je n’en doute pas une seule seconde, finissent par aller à l’encontre de ce qu’ils prônent.
C’est-à-dire, la libre réflexion (ou non-réflexion) et acceptation (ou non-acceptation) au sujet de nos corps.

A vouloir confronter la société et ses travers – cause aussi noble soit-elle – ils se glissent
littéralement, et j’insiste sur le mot, dedans.

Je tenterai ici d’aller un peu plus loin dans mes propos, en vous disant qu’en exposant le
stricte opposé, ils finissent par dire la même chose.

Nous devons, (là ne sont pas mes mots, je les reprends de ces comptes) et j’insiste (une nouvelle fois) sur le verbe devoir , nous saisir de notre corps.
De l’aimer, l’accepter, le chérir.

« My body, my choice »

Alors oui mon corps « est » à moi, il « m’appartient », se fait lieu de ma réflexion.
Politiquement, juridiquement et peut être socialement ; mon corps, mon choix.

Mais existe-il quelque chose de plus complexe que le sentiment si intime d’un corps, du nôtre.
Singulièrement, nous faisons tous et toutes l’expérience d’un corps.
Depuis toujours il se fait sujet de discussion et de débat, la société capitaliste l’ayant compris avant nous.
Le corps –impossible pour moi d’en donner une définition claire et exhaustive – bouge,
évolue, grandit entraînant avec lui nos regards et ceux des autres.
N’oubliant pas par la même occasion, de laisser en marge celui qui l’habite.

Alors comment, et apportez moi une réponse si vous en avez une, généraliser quelque chose dont nous-mêmes nous ne pouvons-nous saisir – quand bien même il se fait caractéristique principale de notre « je » ?

Comment se « dégager » du regard de l’autre quand celui-ci nous permet fondamentalement de nous constituer une image. (Je vous épargne ici d’un cours, quoique très intéressant mais très chiant, de psychanalyse).

Les injonctions sont nombreuses, difficile de s’y retrouver.

Le mot qui me vient en premier à la bouche après avoir écumé ces comptes prônant
le body-positivisme c’est : culpabilité.
L’ironie à son paroxysme me direz-vous.

Car en nous demandant – plus ou moins impérativement – de ne plus culpabiliser, de nous foutre du regard des autres, d’accepter nos défauts, de les exposer, d’aimer notre corps aussi moche et disgracieux soit-il, d’en faire notre et j’en passe, ces comptes nous culpabilisent.

Je considère qu’il est tout aussi difficile d’accepter notre corps ou son image que de faire avec cette impossibilité de l’accepter.
En somme, quoi de plus culpabilisant que quelqu’un qui vous demande de vous en foutre de ce que les gens pensent quand vous essayez si fortement de le faire et n’y arrivez pas ?

Ce que je vais dire n’engage que moi, bien que je l’ai très longtemps pensé, nous ne pouvons pas de manière absolue nous dégager de ce que les autres pensent de nous.
Leurs regards nous importent, et malgré une volonté féroce de faire comme si ce n’était pas le cas, ils comptent.

Alors plus ou moins consciemment je l’admets, mais je crois qu’il en est ainsi et ce n’est pas grave.

Ce n’est pas grave de ne pas aimer son corps.
Ce n’est pas grave de le détester parfois.

Ce n’est pas grave de l’adorer

Ce n’est pas grave de vouloir le sublimer.
Ce n’est pas grave de le montrer. Ou de ne pas le faire.
Ce n’est pas grave de vous en cacher.
Ce n’est pas grave de culpabiliser après trois raclettes.

Rien n’est grave parce que rien ne va de soi.

J’ai vraiment eu ce sentiment assez désagréable que je ne pouvais plus faire ce que je
considérais comme étant ce que je voulais de mon corps.
Plus je m’efforçais à l’accepter et me dégager des « qu’en dira-t-on », plus il m’échappait.

Je pensais que me maquiller, comme je l’ai fait pendant des années, m’empêchait d’aimer qui j’étais « vraiment », c’est-à-dire au naturel.
Je ne m’autorisais plus à être celle qui adore se maquiller, être celle ce que l’on considèrerait aujourd’hui comme « superficielle ».
Comme si la quantité de maquillage que vous avez sur le visage était analogue à votre crédibilité.
Je ne m’autorisais plus à détester mon corps, je me devais d’apprendre à l’aimer.
Alors je postais ce que l’on attendait de moi, des petits messages pour vous « aider », pour que vous aussi, vous réussissiez à vous dégager de toutes ces injonctions – omettant
fatalement que j’étais en train de faire exactement la même chose.

Parce que c’était ça, pensais-je, que d’être libre.

Je m’en excuse.

Si vous maquiller ou ne pas le faire, mettre des chaussettes dans vos soutifs ou vos caleçons (I see you boys), faire des squats toute la journée, vous raser la tête, ne plus vous épiler ou le faire, masquer vos vergetures, utiliser des filtres instagram … vous permet d’être un peu mieux dans vos baskets, de vous sentir un peu plus fort.e.s pour affronter ce mode, je vous invite dorénavant et sans plus tarder à le faire, ou pas d’ailleurs.

Vous êtes plus que votre corps, comme aime à le dire certain.e.s, mais vous l’êtes
inévitablement.
Bien sûr, ce sentiment est d’une singularité quasi innommable.
Je vous laisse donc vous en saisir.

Vous aurez compris, que malgré mon détachement de ces courants positivistes, je ne me
rapproche pas de ceux que l’on pourrait s’ils existent, qualifier de négativistes.

J’élargirai ma pensée, dans un autre article, au positivisme « général ».
Car je crois qu’il est important et sans doute nécessaire dans une société prônant bien être, et bonheur et où la place ni la parole n’est donné à ceux qui n’y arrivent pas, de faire une distinction entre positivisme et optimisme.

Nb : ne voyez pas dans ces quelques lignes, une once d’animosité – s’agit-il là sans doute d’un abus de langage au vu de la très grande humanité dont font preuve certains animaux – envers tous ces comptes Instagram derrière lesquels se trouvent, des personnes tout à fait respectables. Il s’agissait seulement de vous exposez mon point de vu, et ma réflexion qui ne demande qu’à être nourrit et remise une nouvelle fois en question. Bien évidement, libre à vous d’adhérer, de suivre, de féliciter ces comptes, car ils ont été pour moi, à un moment de ma vie, d’une très grande aide. Je les remercie pour cela et les invite à continuer, s’ils permettent à certain.e.s d’entre nous de se sentir mieux.

J’espère que ma réflexion, peut-être vous permettra, de faire un pas de côté et vous
questionner à votre tour.
(Jdec vous faites ce que vous voulez lol)

En espérant vous voir sur instaaa plus en forme que jamais
(jdec encore vous avez le droit de pas être en forme hein)

Je vous embrasse tendrement !

Prenez soin de vous (ou pas).
Mais surtout, écoutez-vous !
Avec tout mon amour, Mar à bout.

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